film video mer peche au thon port Guilvinec
St Guénolé.
Le thon germon,
" Thunus allalunga ", ou thon blanc, fréquente
les eaux du Golfe de Gascogne du printemps à l'automne.
Le thon germon, ce poisson à l'allure de mousquetaire
n'est pas n'importe qui ! Bourré de qualités
nutritionnelles, fin et racé comme une flèche
sous-marine, c'est un grand voyageur, un animal à chair
blanche au goût incomparable, un bloc de protéines
pures.
Le germon mène une vie très active. La ponte
des adultes a lieu d'avril à septembre en plein océan,
dans une vaste zone située entre les îles Canaries
et l'arc des Caraïbes. Sur les trois millions d'oeufs
pondus par la femelle au large des Antilles, seul un petit
nombre parviendra à survivre. Les jeunes migreront
vers l'Atlantique où on les retrouvera vers l'âge
de 2 ans, surtout du côté des Açores.
Ils profiteront de l'été pour s'engager dans
le golfe de Gascogne et l'Irlande mais prendront leurs quartiers
d'hiver au large de l'île de Madère ou de Punta
Delgada.
Après une période peu connue de leur vie ( on
n'a jamais vu de germon de moins de 40cm ) on les voit apparaître
dans les captures de surface au large des Açores et
au large de la Floride en fin de printemps. Devenu adulte
vers sa cinquième année, il rejoint les Antilles
pour la reproduction. Il mesure alors 85 cm environ et il
va changer son cycle de migration afin de gagner les zones
de ponte et d'hivernage des individus adultes.
Sa taille maximale est de 115 cm pour une trentaine de kilos,
sa longévité de 10 à 12 ans. Durant le
séjour dans l'Atlantique, où l'on fait les meilleures
captures, il pèse de 2 à 3 kilos. On l'appelle
" bonite ", un détournement du nom espagnol
bonitos. La chair du germon est blanche et ferme.
La pêche traditionnelle du thon germon est, depuis le
début du 20ème siècle (alors sur des
thoniers à voile), pratiquée aux lignes à
tangons, des perches de bois relevables tendues sur les flancs
du navire. Traînant de multiples hameçons équipés
de leurres, les tangons permettent de traverser les bancs
de thon et d'assurer un maximum de captures.
Malgré l'électronique, l'observation visuelle
demeure un des atouts des pêcheurs qui repèrent
la présence des poissons sous les " chasses "
des oiseaux de mer.
La pêche à la canne de bambou a aussi été
à l'honneur durant des années. Elle était
celle de " l'appât vivant ", un procédé
consistant à capturer préalablement des sardines
et des anchois au filet. Conservés vivants dans les
viviers à bord (d'où le nom de cette technique)
les poissons étaient lancés par poignées
à proximité des " mattes " de thons.
Immanquablement attirés par des leurres de fils de
Nylon colorés fixés sur un gros hameçon
double, déchaînés par la brillance de
ce qu'ils croyaient être des écailles, les germons
mordaient alors dans tout ce qui brillait. Ce type de pêche
n'est plus pratiqué aujourd'hui par les pêcheurs
bretons (les Espagnols y sont demeurés fidèles
et ce n'est pas la moindre des raisons des affrontements franco-ibériques).
Il y a une trentaine d'années environ les thoniers
ont adapté la technique du filet à la pêche
du germon. On a ainsi assisté à une progression
considérable des captures, les fileyeurs étant
capables de ramener dans le même trois à quatre
plus de tonnage qu'un navire classique. Depuis l'interdiction
du filet, certains ports connaissent d'ailleurs des situations
dramatiques de reconversion.
Aujourd'hui les tangons sont toujours à l'honneur,
mais la remise en question de la pêche au filet a conduit
les marins à la conception de lignes de traîne
spécifiques. Les avantages d'un thon capturé
à la ligne sont nombreux : pêché, assommé,
vidé, le germon ne subit pas le stress et l'asphyxie
des animaux capturés au filet. Son temps de séjour
dans l'eau est bref et sa chair conserve ses qualités
naturelles de fermeté.
Il y a 20 ans on prenait environ 60 000 tonnes de thon germon
par an. Un chiffre qui a aujourd'hui énormément
chuté. En retrouvant une certaine stabilité
grâce à la réglementation des captures
et à la gestion du stock, le germon demeure une valeur
sûre de la pêche.
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