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mer video sardine port saint Guénolé
Les côtes
atlantiques, et principalement bretonnes sont, traditionnellement,
tournée vers la pêche à la sardine. De
nombreux textes de l’Antiquité rappellent cette
longue histoire et de très vieilles cuves à
« garum », une conservation du poisson dans des
auges de pierre, ont été retrouvées sur
le littoral cornouaillais.
Si l’exploitation de la sardine s’est cependant
réduite au fil des générations, elle
a longtemps fait l’objet d’une véritable
phénomène économique et culturel local.
Jusqu’au début du 20ème siècle,
de nombreuses chaloupes sardinières d’une dizaine
de mètres, capturaient au filet maillant durant l’été,
des quantités impressionnantes de sardines généralement
destinées à la conserve. Les usines fleurissaient
alors sur le littoral, employant des centaines d’ouvrières,
de soudeurs-boîtiers, de sertisseurs. Pour une raison
encore inexpliquée, les sardines désertèrent
un jour la côte, conduisant les familles de pêcheurs
à la misère.
Aujourd’hui encore, la sardine demeure un poisson un
peu magique pour la majorité des marins, sur qui elle
exerce une étonnante fascination.
Mais, si les pêches d’antan ont disparu, le port
de Saint-Guénolé-Penmarc’h, avec 5000
tonnes de poisson bleu débarquées (sardine,
maquereau, chinchard) demeure le premier port sardinier de
France. Il compte 6 sardiniers, dont 2 venus du port de Douarnenez.
Héritier de la tradition, Pierrot Scuiller, ainsi
que ses deux frères sur leurs navires, traquent les
bancs automnaux et printaniers de sardines dans l’ouest
de la baie d’Audierne . En octobre et novembre, puis
de janvier à mars, son bateau, l’Etendard, embarque
ainsi chaque soir vers minuit son équipage de 7 hommes
pour se rendre sur les lieux de pêche.
Construit aux chantiers Glehen, une entreprise familiale
de charpentiers de marine réputés, l’Etendart
est un bateau de 14,50 m, propulsé par un moteur Diesel
Iveco de 330 CV. Sa vitesse moyenne sur l’eau est, en
terme de marine, de 9 nœuds environ, soit près
de 17 km/h, une belle allure pour ce type de navire. Les marins
calculent, en effet, la vitesse en nœuds, celui-ci étant
l’équivalent d’un mille, soit 1852 mètres.
Le temps de route étant relativement court, celui-ci
est mis à profit pour un rapide petit déjeuner
nocturne, les heures à venir promettant d’être
particulièrement occupées.
La route de nuit est particulièrement délicate,
sinon difficile, et le brouillard, imprévisible, ajoute
encore aux dangers de collisions. L’histoire maritime,
hélas, est riche de drames dus à certains gros
navires ne respectant pas toujours les règles de barre.
En cas d’accident, ceux-ci préfèrent souvent
la fuite et l’anonymat aux poursuites devant les tribunaux.
Mais entre pêcheurs la solidarité est forte et
le respect mutuel.
C’est pourquoi chaque homme de barre observe l’environnement,
tout en surveillant attentivement les appareils électroniques
de navigation. Le bateau est en effet équipé
d’un GPS, ou Global Positionning System, un appareil
de guidage par satellite d’une précision remarquable,
d’un sonar permettant de détecter le poisson
par réflexion d’un faisceau d’ondes sonores,
d’un sondeur vidéo avec table de traçage.
Les radars, quant à eux, permettent, grâce aux
réflecteurs installés dans les superstructures
des navires, de détecter toute présence sur
l’eau et ce à plusieurs milles de distance. La
radio VHF, Very High Frequency, omniprésente, permet
aux marins, grâce à ses canaux, de maintenir
un lien permanent avec les confrères et les centres
de sécurité à terre, les célèbres
CROSS. Le canal 16 de la VHF est internationalement réservé
aux SOS et divers appels d’urgence.
Les feux de mâts, ainsi que ceux, conventionnellement
vert à tribord (le flanc) ou rouge à bâbord
(le flanc gauche) sont, par temps clair, visibles de très
loin dans l’obscurité.
Pêchés dans le noir le plus absolu, sous peine
de les faire fuir à des milles de distance, les milliers
de poisson capturés au filet brillent de leur multitude
sous le feu des projecteurs de bord.
Un balise lumineuse spéciale cependant, permet le
repérage et l’identification du mouillage.
Cette nuit-là, la première « pochée
», plus de 2 tonnes de sardines, est relevée
vers 1 heure du matin. Elle laisse augurer d’une belle
nuit.
Si la mécanisation a simplifié certains aspects
du travail, les gestes traditionnels sont toujours là,
qui consistent à haler lentement le filet à
la main. Chaque homme tenant toujours le même poste
sur le pont, la nasse est soigneusement embarquée.
La lente remontée manuelle du filet permet de le rapprocher
du bateau, tout en prenant garde de ne pas endommager la pêche,
la sardine demeurant un poisson fragile.
La ligne des flotteurs est remontée grâce au
palan d’un bras de charge. Les sardines sont prélevées
à l’aide d’une grande épuisette,
la salabarde.
La salabarde, qui contient environ 100 kg de poisson, est
hissée au-dessus d’un vivier d’une capacité
de 2,8 tonnes. Un bout, ou cordage coulissant fixé
sur le manche de la salabarde, permet d’en ouvrir et
refermer le fond d’un simple geste.
Le bateau comporte ainsi trois cuves réfrigérées
de mêmes capacités. En début de marée
elle contiennent un tiers d’eau mêlé à
de la glace. Cette eau, dont la température est de
– 2°, atteint 6° lors du l’arrivée
des sardines, avant de se stabiliser rapidement à 0°.
Le mélange eau-glace permet d’assurer une excellente
conservation, un serpentin de gaz réfrigérant
couplé avec le moteur étant, par ailleurs, immergé
dans la cuve.
La pêche étant bonne, il suffit d’une
seul « pochée » pour remplir le premier
vivier, et le patron décide alors de rechercher un
autre banc en changeant de secteur.
Les sardiniers étant tenus à un quota de pêche
d’une dizaine de tonnes quotidiennes, le filet est remis
à l’eau 4 à 5 fois par nuit.
Le principe de l’appareil est simple : long de 300 m
sur 60 de profondeur, le filet, déroulé à
la surface de l’eau, se stabilise grâce à
ses flotteurs. Son bord inférieur est lesté.
Une manœuvre de barre, qui dure environ 2mn, permet d’effecteur
l’encerclement du banc de sardines repéré
par sonar. Le filet ressemble alors à un cylindre.
Une série d’anneaux d’acier coulissants
placés tous les 11 m permet, par l’action d’un
câble relié au pont, de refermer le fond de la
poche.
Lourdement chargé, le filet est remonté au
« power-block », un système de type californien
très puissant muni d’une grosse poulie en caoutchouc.
La sardine, de son nom scientifique « Sardina pilchardus
» est un poisson fuselé de 10 à 15 cm,
au corps argenté. Présent en Atlantique et en
Méditerranée, il fréquente les côtes
par bancs de plusieurs milliers d’individus. Souvent
présentée à tort comme un poisson gras,
la sardine
Les anneaux de fermeture du fond, en réalité
des mousquetons en acier inoxydable, coulissent et s’empilent
sur le câble qui les actionne.
D’autres navires sont en opération de pêche
sur zone. Les feux de nuit des navires son conventionnellement
fixés par les règles maritimes : le côté
tribord, flanc droit du navire, porte une feu vert. Le flanc
bâbord, le côté gauche, un feu rouge. Le
feux de mâture, blanc, rouge, isolés ou superposés
et leur nombre, indiquent l’état du navire :
en pêche, en panne, en difficulté… Ils
sont indispensables et permettent, notamment d’éviter
les routes de collision.
La pêche de cette nuit ayant été bonne,
la 4ème « pochée », destinée
à l’industrie de transformation, est directement
libérée sur le pont.
La marée s’achève et l’heure est
venue de regagner le port.
Il est environ 5 h du matin quand l’Etendard regagne
Saint Guénolé. Le patron, à la barre,
fait preuve de la plus grande attention l’heure étant,
en effet, celle du départ des chalutiers côtiers
vers le large.
L’Etendard se range le long du quai où attendent
les employés de criée chargés du débarquement.
La pêche destinée à l’industrie
est déchargée la première et conditionnée
dans des grands bacs garnis de glace.
Les viviers sont ensuite débarqués et les sardines
stockées dans des caisses normalisées fournie
par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Quimper,
puis mises en marché sous la criée.
Facile à préparer grillée ou frite,
la sardine, entre les mains d’un chef, fait aussi l’objet
de préparations fines, comme celle présentée
ici par Monsieur Gilbert Guyon du restaurant l’Ambroisie
:
« pour cette préparation pour 3 à 4 personnes,
il me faut :
- un oignon, une tomate,1 citron (le jus d’un citron),de
l’huile d’Olive, de l’huile de tournesol,
du vinaigre de Xérès ,quelques petits légumes
taillés en dès, un petit peu de fines herbes,
ciboulette, du sel, du poivre, du persil pour assaisonner.
Il faut 3 à 4 sardines par personnes, suivant la taille…
Nous allons commencer par faire les filets de sardines. On
peut demander au poissonnier de le faire.
Pour une entrée copieuse il faut compter 10 filets,
c’est à dire 5 sardines.
Une fois levés les filets, il n’y a pratiquement
plus d’arrêtes.
On va préparer la marinade avec le jus de citron. En
faite c’est une vinaigrette très acide qui va
cuire un peu la chaire des sardines et la rendre plus moelleuse
et goûtée. Un peu de poivre, de fleur de sel
et d’huile d’olive.
Il faut que la marinade soit très acide pour permettre
aux sardines de cuire. On laisse mariner au frais une demi-journée.
La chaire des sardines va bien macérer et va blanchir
un peu.
Pendant ce temps on prépare une vinaigrette relevée
:
Prendre un oignon, le hacher très finement. Une tomate
coupée en quatre : épépiner, enlever
toute la pulpe et les graines à crue sans la monder
(cuire), ensuite la couper en dès comme les oignons.
Ajouter un peu de ciboulette. Un peu de persil grossièrement
haché, voilà pour les ingrédients de
la vinaigrette.
4 cuillerées de vinaigre de Xérès, 4
cuillerées d’huile d’Olive, 4 cuillerées
d’huile de tournesol. Voilà une vinaigrette très
riche, très agréable avec tous ces petits légumes
qui vont relever le goût de la sardine. J’ai préparé
en plus quelques légumes de garniture, carottes et
courgettes.
Les sardines qui ont mariné sont bien cuites, un peu
blanche.
Après, tout dépend des goûts …Certains
les préfère plus cuites, d’autres moins.
Pour obtenir une sardine bien marinée, 3 heures au
frais.
La marinade est rajoutée à la vinaigrette. On
dresse cette vinaigrette et petits légumes autour.
On laisse les sardines découvertes pour qu’elles
aient une jolie couleur.
On agrémente de petits légumes croquants, carottes
cuites à l’eau et courgettes.
On rajoute toujours en finition un peu de fleur de sel. »
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