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langoustine film Lesconil Pays Bigouden
Le port de Lesconil
dans le Pays Bigouden est, à juste titre, réputé
pour la qualité de sa pêche de langoustine du
jour. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison que
ce succulent crustacé se retrouve sur de nombreuses
tables gastronomiques sous le nom de « Demoiselle de
Lesconil », une appellation flatteuse à la taille
de sa réputation.
Durant l’hiver le bateau appareille vers 5 heures du
matin. Mais aujourd’hui, en ce début de mois
d’août, il est à peine 3 heures quand l’Ynizan,
l’homme de quart à la barre, quitte le port.
Le reste de l’équipage a rejoint les couchettes
et reprend le sommeil interrompu en cours de nuit.
L’Ynizan met alors le cap sur la « grande vasière
», sa zone de pêche, un vaste plateau sous-marin
situé au sud des îles Glénan, face à
Penmarc’h, à 3 heures de route environ du port.
Le rôle de l’homme de quart est fondamental, car
de son attention et de sa connaissance du milieu dépend
la sécurité de ses camarades. Nombreux sont,
en effet, les bateaux qui, à cette heure-là,
quittent Lesconil où les autres ports bigoudens pour
gagner la Grande Vasière. Voilà deux générations
en effet, depuis l’apparition des premiers chalutiers
à moteurs, que les marins bigoudens fréquentent
ce site riche en langoustine.
Michel Lucas, 42 ans, est le patron de l’Ynizan un
chalutier bois de pêche côtière long de
13 m, construit par les Charpentiers Associés à
Léchiagat, un chantier traditionnel très connu
dans la région.
L’équipage se compose de Claude, le bosco –
un terme de marine qui signifie « maître de manœuvre
» -, de Henri, matelot et maître-coq, et de Bruno,
le fils de Michel Lucas, qui, conformément à
la tradition familiale, rejoint le bord à l’occasion
des vacances scolaires.
L’Ynizan – baptisé du nom d’îlots
rocheux situés devant le port de Lesconil – est
propulsé par un moteur de 220 CV. Sa consommation quotidienne
de gasoil est de 450 litres.
Comme la plupart des marins de sa génération,
Michel Lucas a, dès ses 15 ans, été formé
par son père sur le chalutier familial, Michel-Anne,
prédécesseur de l’Ynizan.
L’Ynizan, qui est équipé de deux chaluts
identiques à l’arrière, met en pêche
vers 6 heures du matin. C’est le moment pour l’homme
de quart de laisser sa place à la passerelle et de
prendre un peu de repos.
Le « trait », l’action de pêche,
commence au moment où les chaluts sont mis à
l’eau. Il dure environ une heure et nécessite
une attention permanente. Le poids des panneaux, l’assemblages
de chaînes d’acier, de grosses manilles, rendent,
en effet et surtout par gros temps, la manœuvre délicate.
Les responsables des treuils, placés à l’avant
du bateau, n’ont aucun contact visuel avec leurs camarades.
C’est pourtant de leurs réactions, de leur connaissance
du métier, que dépend le déploiement
correct, l’équilibre et la tension du train de
pêche et, par là même, le volume des captures.
Un chalut qui vrille, une jeu de funes trop ou trop peu tendu,
et c’est toute l’opération qui est remise
en cause.
Le chemin qui mène à la Grande Vasière
coupe régulièrement celui des gros navires marchands
montant ou descendant de la Manche. Les risques de collisions
existent et demandent, de la part du patron, une surveillance
constante de son cap et de sa route.
Regagnant la passerelle, Michel reprend le contact phonie
permanent avec ses confrères. Grâce à
la VHF en effet, abréviation de l’anglais Very
High frequency, une radio qui émet et reçoit
des ondes très courtes, les bateaux restent en contact
permanent. Indispensable à la sécurité,
la VHF possède un canal particulier, le 16, exclusivement
utilisé en cas de S.O.S. Les autres canaux demeurent
libres et servent aux échanges quotidiens entre pêcheurs.
C’est une véritable flottille qui travaille alors
sur ces fonds de 80 à 130 mètres, essentiellement
constitués de dépôts sablo-vasards et
de graviers relativement meubles, et qui abritent également
de nombreuses espèces de poissons côtiers comme
le merluchon, le rouget, le bar, la limande, la lotte ou la
sole.
Le « trait » achevé, les chaluts sont
embarqués l’un après l’autre sur
les enrouleurs. Leur conception sur ordinateur, leur fabrication
assurée sur les bases de cahiers des charges précis,
intègrent parfaitement toutes les caractéristiques
destinées à en améliorer les performances
et la manutention.
Bien que d’origine sablonneuse en effet, le fond est
souvent encombré d’énormes blocs de rochers,
de cailloux de plusieurs centaines de kilos, d’épaves
diverses. Et il n’est pas rare que, de nos jours encore,
des bateaux ramènent des débris d’avion
de la dernière guerre, de vieux moteurs… et parfois
des mines encore actives !
C’est au patron du bateau que revient la responsabilité
de libérer rapidement la pêche, ou « pochée
», qui se répand sur le pont.
C’est également lui qui assure la fermeture du
fond du chalut par un nœud dit « nœud de cul
», très solide et ingénieux qui se défait
d’un seul geste.
La pêche est lavée à grande eau et les
chaluts aussitôt remis à l’eau
Afin d’éviter l’emmêlement des poches,
des chaînes ou des câbles, les marins observent
un léger décalage durant l’opération
de mise à l’eau aussi appelée «
filage ».
Une accélération longue et sèche du
moteur, suivie d’une avance au ralenti, permet aux chaluts,
traînés sur l’eau, de se positionner correctement
par inertie grâce à l’erre du bateau.
Une grosse chaîne, solidement maillée entre
les deux chaluts assure leur parallélisme.
Largués quelques instants plus tard, les panneaux jouent
alors leur rôle de lest et d’écarteur en
permettant aux chaluts de prendre mécaniquement leur
position de pêche.
Les manœuvres du treuil jouent un rôle fondamental
dans le « filage » du chalut. Le jeu des volants
permet d’actionner les freins et de contrôler
la tension des funes. En cas de « croche » sur
le fond en effet, celles-ci peuvent se rompre et se transformer
en redoutables fouets d’acier. Les marins responsables
du treuil – ici Claude et Henri - acquièrent
une expérience irremplaçable qui leur permet
d’anticiper sur le comportement du chalut dans les accidents
du fond.
Surveillant à la fois ses appareils et la zone de
pêche, Michel suit un tracé précis, reconnu
depuis des années. L’expérience joue,
en effet, un rôle considérable et permet d’éviter
le maximum d’obstacles naturels ou artificiels dispersés
sur le fond
Le chalut est une vaste poche conique de mailles tressées
a fond ouvrant, tractée par des câbles d’acier
appelés funes. L’ouverture en largeur du chalut
– sa « gueule » en langage maritime- est
assurée par de lourds panneaux d’acier ou de
bois qui en assurent l’équilibre et la stabilité.
Le poids des panneaux, l’assemblages de chaînes
d’acier, de grosses manilles, font de ce long entonnoir
un engin de pêche très efficace.
Une série de flotteurs compose la « corde de
dos », c’est à dire la partie supérieure
de la « gueule ». Un lest, le « bourrelet
», et des rouleaux appelés « scoubidous
» maintiennent le chalut sur le fond et favorisent l’exploitation
des couches superficielles de gravier.
La langoustine, de son nom scientifique « Nephrops
norvegicus », est un crustacé dont les plus gros
spécimen atteignent une quinzaine de centimètres.
Elle vit enfouie dans des galeries, de véritables terriers
creusés dans le sable où elle niche et se reproduit.
Sa taille marchande est de 8,5 cm, les mailles du chalut étant
prévues en conséquence afin de limiter, au possible,
la prise d’individus immatures ou de poissons juvéniles.
Le trait de chalut en cours, ce temps est mis à profit
pour l’entretien classique, quelques réparations,
ou la préparation du pont pour la première partie
de la pêche.
Commence alors le tri par tailles, espèces, catégories,
un travail quotidien très pénible, qui s’effectue
à genoux sur le pont, par tous les temps. C’est
lui pourtant qui permet d’assurer la qualité
de la sélection et de mettre en marché les plus
beaux spécimens, tels les langoustines « Royale
», des pièces estimées atteignant près
de 15 cm.
Surveillant à la fois ses appareils et la zone de
pêche, Michel suit un tracé précis, reconnu
depuis des années. L’expérience joue,
en effet, un rôle considérable et permet d’éviter
le maximum d’obstacles naturels ou artificiels dispersés
sur le fond
Le premier tri achevé, les langoustines sont une nouvelle
fois lavées à grande eau. Jusqu’au retour
au port la langoustine est maintenue vivante sous des rampes
d’eau de mer alimentées en permanence par une
pompe à gros débit branchée sur le moteur.
La manche à eau, une lance d’arrosage à
gros débit d’eau de mer alimentée par
une pompe débarrasse le pont des débris divers
mêlés à la « pochée »
: fragments d’algues ou de coquillages, résidus
de concrétions calcaires, gravier de fond sont évacués
par les dalots, des ouvertures rectangulaires pratiquées
au ras du pont.
L’heure du repas, vers midi, est celle où Michel
peut consacrer un maximum de temps aux échanges divers
VHF avec ses confrères, dont plusieurs naviguent à
proximité de l’Ynizan.
Le « trait » achevé, les chaluts sont
embarqués l’un après l’autre sur
les enrouleurs.
En jouant sur la manette des gaz, Michel débarrasse
les mailles des plus gros dépôts de sable et
de graviers.
Pour des raisons climatiques et biologiques la meilleure
période de pêche s’étend de mars
à juin : on dit alors que la langoustine « travaille
». Elle quitte alors ses refuges et son activité
s’avère une aubaine pour les pêcheurs :
ainsi, au mois de mai de cette année, l’Ynizan
a ramené 380 kilos de langoustine en une seule journée
de pêche.
Les déchirures du chalut sont, pour les moins importantes,
réparées sur le pont. Cette opération,
qui permet de reconstituer les mailles d’origine s’appelle
le « ramendage », une succession de nœuds
marins effectués à l’ « aiguille
à ramender », une pièce de bois ou de
plastique effilée et évidée.
En cours de journée elles font l’objet d’un
calibrage définitif par tailles, avant d’être
conditionnées dans des caisses normalisées,
propriété de la Chambre de Commerce et d’Industrie
de Quimper, gestionnaire des infrastructures portaires.
C’est donc dans un parfait état de fraîcheur
que la Demoiselle de Lesconil arrivera chez le mareyeur, sur
l’étal du poissonnier et dans le panier de la
ménagère.
Il est environ 17 heures quand la flottille regagne le port.
Lesconil, que l’on a parfois appelé le «
petit poucet » des ports bigoudens, défend avec
passion la qualité de son activité. C’est
ainsi que chaque été s’organise ici une
immense « fête de langoustine » qui attire
des milliers de gastronomes.
Malgré une saison tardive et en dents de scie cependant,
et alors que le mois d’août demeure traditionnellement
peu productif, la pêche du jour est bonne : l’Ynizan
débarque en effet 200 kilos de belle langoustine, et
plusieurs « divers », une appellation qui regroupe
différents types de poissons côtiers comme le
merluchon, la sole ou la limande....
Dès l’arrivée au quai les 200 kilos
de la pêche du jour de l’Ynizan, stockés
en caisses, sont débarqués et pesés sous
la criée.
La vente du soir se déroule vers 17 heures. Seuls les
mareyeurs professionnels sont autorisés à acheter
sous criée, le prix étant fixé par la
loi de l’offre et de la demande. La marchandise est
ensuite diffusée dans les différents réseaux
par les multiples circuits de distribution existant sur le
marché.
Pour cette recette il nous faut environ 1,5 kg de langoustines
pour 4 personnes, des grosses , de préférences
; 2 oignons, 2 carottes, 2 tomates, 2 décilitres de
crème fraîche, quelques crêpes un peu de
Pommeau ou de Cognac, un verre de vin blanc, une grande casserole
d’eau bouillante dans laquelle on va plonger les langoustines
vivantes.
Il faut 3 à 4 minutes, les plus grosses on les laisse
un peu plus longtemps. On les laisse un peu refroidir pour
pouvoir les décortiquer. Nous gardons les carapaces
pour réaliser le jus de crustacés qui va nous
servir pour réaliser la sauce d’accompagnement
des langoustines.
Ensuite nous prenons une grande casserole et nous plongeons
les têtes et les queues de langoustines bien arrosées
d’huile d’olive.
Les oignons sont hachés grossièrement, les 2
tomates coupées en dès ; c’est ce qui
va colorer notre sauce et donner un peu de liaison.
Pour la garniture on a : Les oignons, Les carottes, les tomates.
Quand les carapaces sont bien chaudes on rajoute oignons et
carottes, et on laisse suer l’ensemble.
Pour faire le bouillon, il faut compter une petite heure de
préparation. Il faut que ça mijote bien, il
faut caraméliser et faire cuire.
On ajoute les tomates quand les oignons ont bien sué.
On concasse les têtes et les pattes pour extraire le
maximum de saveurs.
C’est un peu le fond « d’Américaine
» avec des langoustines au lieu du homard, c’est
peu plus économique… quoi que…
Les crustacés bien sautés et bien revenus avec
toute la garniture aromatique, nous allons déglacer
avec un peu d’alcool, Pommeau ou Cognac. On est en Bretagne,
on va utiliser du Pommeau , un bon petit verre. On laisse
évaporer une minute et on rajoute un verre de vin blanc.
A partir de là, on mouille et on laisse cuire 45 minutes.
Quand le bouillon a frémi, a bien émultionné
pendant 20 à 25 minutes, on le chinoise et on le remet
en réduction. Lorsque l’on a cette consistance
on crème légèrement et on recuit légèrement.
Voilà un peu de crème pour 4 personnes. Voilà
c’est parfait, on a plus qu’à attendre
un petit bouillon et on va continuer la recette avec les lanières
de crêpes de blé noire.
Je prends 2 crêpes, je les roule. Il faut des crêpes
un peu rassies, de la veille c’est très bien,
pas trop fraîches.
On les roule, on découpe des rouleaux qui vont former
des lanières.
On met dans une poêle une bonne noix de beurre. On rajoute
un peu de beurre parce que la crêpe boit pas mal de
matière grasse… et si on veut quelque chose de
croustillant…
On va terminer la recette avec les queues de langoustines.
Dans une poêle chaude avec une noix de beurre. Pour
terminer un peu de fleurs de sel sur les langoustines pour
donner un peu de craquant.
On dresse un fond de sauce, les langoustines en rosace, les
petites lanières de crêpes au milieu, ciboulette
ou persil, un peu de verdure.
"Le sauté de langoustine
au jus de crustacé et lanières de crêpes
croustillantes au beurre de sel".
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