pêche au bar,
vidéo film pêche en mer bar port loctudy Pays
Bigouden.
5 heures du matin,
jeudi 10 mai. L’ « Amzer de goll », immatriculé
GV 555520 quitte le port de Loctudy. A la barre Jean-Marc
Kerhom, 34 ans, marin depuis ses 14 ans.
L’Amzer de Goll est un bateau bois de 8 mètres
propulsé par un moteur Diesel de 80CV Volvo Penta,
sur lequel Jean-Marc a appris le métier de pêcheur
avec son père Jean. Le nom du bateau, qui signifie
en breton « du temps à perdre », est un
clin d’œil à la réalité.
Jean Marc possède une petite drague qu’il met
en œuvre chaque matin.
Le lançon ou équille est, en effet, l’appât
roi, la boette, un poisson très vif de couleur métallique,
qui vit enfoui dans le sable. Deux bateaux du quartier maritime
du Guilvinec – le Men Bret et l’Alligator –
titulaire de licences renouvelables annuellement, sont spécialisés
dans sa pêche.
Ce jour-là il ramène 6 ou 7 kg de lançon,
quelques poissons plats, et une redoutable raie-torpille,
un poisson caractérisé par sa capacité
à lancer des décharge électriques de
faible voltage, mais très désagréables.
Les lançons, des poissons fragiles, sont conservés
dans un vivier d’eau de mer alimenté et oxygéné
grâce à la pompe du moteur.
Son vivier approvisionné , il met le cap sur les lieux
de pêche.
Grâce à un travail plus précoce dans la
saison – on la commençait autrefois en mai -
Jean-Marc a pu découvrir des lieux de pêche inexploités
par les anciens, et les connaissances empiriques se sont enrichies
des bénéfices de la modernité. Ainsi
le sondeur à écran couleur indique-t-il la profondeur,
l’aspect des fonds, la présence de bancs de poissons,
d’écueils, d’épaves...
Le GPS, Global Positionning System, un appareil de repérage
calé sur les satellites, permet une navigation au mètre
près, et le célèbre radar, aujourd’hui
présent à bord de tous les navires, est indispensable
en cas de brouillard ou de mauvais temps.
A l’aide d’une épuisette ,il prélève
les lançons ; commence alors le travail de bouettage…
Il faut environ 15 minutes pour poser une palangre.
La radio VHF, abréviation de l’anglais Very High
frequency, émet et reçoit des ondes très
courtes. Branchée en permanence, elle permet aux marins
un contact permanent. La VHF est indispensable à la
sécurité et son fameux canal 16, connu de tous
les navigateur, n’est utilisé qu’en cas
de S.O.S. Les autres canaux demeurent libres et servent aux
échanges quotidiens entre pêcheurs.
La mise à l’eau, ou mouillage d’une palangre,
est un exercice difficile et dangereux, qui nécessite
une grande expérience. Il faut, à la fois, accrocher
l’appât, laisser filer le corps de ligne, et jouer
avec la manette des gaz. La moindre fausse manœuvre peut
avoir des conséquences redoutables pour le pêcheur.
Le mauvais temps, les vagues, le pont glissant, sont autant
de facteurs de risques auxquels sont habituellement confrontés
les marins.
la zone de l’île aux Moutons et de l’archipel
des Glénan est une des plus poissonneuse de la région.
Situé à une vingtaine de kilomètres de
la terre – 15 miles marins environ – le site a
, dès le néolithique, été fréquenté
par des populations de pêcheurs et chasseurs. Le territoire
sous-marin vallonné était, à l’époque,
relié à la terre, comportant de grandes zones
marécageuses et boisées. La nature y a, depuis
bien longtemps, fait le lit de nombreuses espèces de
poissons.
En cette saison Jean-Marc utilise entre 10 et 30 kilos de
lançons par jour. La réserve de son vivier s’épuise
rapidement mais elle lui permet de mailler sa 12 ème
et dernière palangre de la matinée.
Le premier plomb de 350 gr fixé par un nœud de
chaise, tire la ligne vers le fond.
La palangre à bar est une ligne horizontale de 150
mètres de long dont la partie maîtresse est formée
d’un Nylon de 140/100ème. Chaque palangre compte
30 hameçons espacés de 5 mètres et montés
sur des bas de lignes de 1,20 m en 70/100ème.
Les palangres sont soigneusement rangées dans des caisses
de bois et les hameçons accrochés aux rebords
protégés de liège et garnis d’encoches.
Elles se déroulent toujours dans le même sens
et sont relevées dans le sens opposé.
Le deuxième plomb, de 4,5 kilos, stabilise la ligne
et permet de maintenir la tension de l’ensemble.
.La bouée marquée du nom du bateau permet le
repérage visuel des engins de pêche.
La palangre – Jean-Marc en possède une trentaine
- est un engin dit « dormant » qui reste environ
3 heures à l’eau. Autrefois montées à
la main, les palangres sont aujourd’hui fabriquées
en atelier.
Le bar est un très beau poisson au corps allongé,
très rapide. Sa robe est gris bleu argenté,
ce qui lui permet de fondre aisément dans le milieu.
Carnassier méfiant, majestueux, capricieux et imprévisible,
le bar vit en bancs de tailles modestes si on le compare à
d’autres espèces. Les individus les plus âgés
sont souvent solitaires. Le bar se rencontre le plus souvent
autour des masses rocheuses où il guette ses proies.
Il fréquente aussi les champs de longs laminaire, où
il se tient immobile, à l’affût. Par temps
très chaud il n’est pas rare de rencontrer de
très gros bars dans à peine deux mètres
d’eau.
Le bar mène également des poursuites très
spectaculaires, les « chasses », dans les bancs
de chinchards et de sardines alertant les oiseaux de mer qui
piquent furieusement sur les proies qui leur sont offertes
par les poissons déchaînés. La mer alors
bouillonne littéralement avant que la chasse ne s’achève
aussi rapidement qu’elle avait commencé.
La nourriture du bar se compose essentiellement de poissons,
de crustacés, de mollusques divers comme les crevettes,
mais aussi de vers, de moules et divers coquillages. La taille
marchande du bar est de 36 cm sur la côte atlantique
et la Manche, les spécialistes considérant qu’il
a alors joué, au moins une fois, son rôle de
reproducteur. Les pêches les plus régulières
des professionnels concernent des individus de 1,5 kg à
3 kg. On capture parfois des bars pesant plus de 10 kilos
: ils ont alors près de 30 ans.
Au milieu de l’hiver le bar, après avoir refait
ses réserves graisseuses sur la côte, regagne
les lieux de reproduction au large durant la période
frai. Il ne revient vers le rivage qu’à la fin
du printemps.
Il est 10 h du matin ; c’est , pour la plupart des bateaux
pêchants sur zone , l’heure du rendez vous quotidien
avec le Men-bret ; un moment important de la journ ée
qui permets aux marins d’echanger quelques commentaires
de bord à bord.
Le Men Bret drague le fond sur un secteur précis, constituée
d’une épaisse couche de sable et de sédiments,
théoriquement riche en lançons. Mais, comme
souvent en début de saison, la pêche est aléatoire
.
Le contact en mer achevé , Jean Marc met le cap sur
sa première palangre posée il y a un peu plus
de 3 heures.
Si le beau temps aujourd’hui favorise le repérage
visuel , en cas de pluie ou de brouillard , il fait appel
au GPS.
A l’aide d’une gaffe JM embarque la bouée
;
Il remonte et range soigneusement les premières brasses.
Les hameçons retrouvent leur place initiale et la palangre
est ainsi prête à être réutilisée.
Fait remarquable, Jean marc travaille à mains nues,
afin de mieux controler sa ligne.
Le bar est un poisson rapide et méfiant, et les premiers
hameçons ont été littéralement
« débouettés ». Plusieurs belles
prises cependant sont ferrées sur le reste de la ligne,
que Jean-Marc décroche en un tour de main.
La prochaine bouée est légèrement mouillée
à l’ouest….
Les palangres capturent du bar bien sûr, mais aussi
d’autres espèces comme la vieille - un bel animal
fréquentant les abords rocheux et les failles. La vieille
atteint jusqu’à 50 cm et pèse 3 kilos.
C’est un bon poisson s’accommodant bien de recettes
traditionnelles bretonnes.
L’île aux Moutons, dont le phare est aujourd’hui
automatisé, se détache sur le ciel bas du matin
naissant. L’endroit est parsemé de hauts-fonds
et de redoutables têtes de roches, causes de bien des
naufrages.
l’enroulement sur le taquet permet de bloquer la ligne
et d’assurer les grosses prises.
Voilà aussi une barbue, un poisson à la chair
délicate et savoureuse souvent confondu avec son célèbre
cousin le turbot).
De très grosses raies du type raie bouclée ou
raie douce de forme très caractéristique vivent
également sur ces fonds. Elles sont souvent de grande
taille, et il n’est pas rare de capturer des spécimen
de plus d’un mètre d’envergure. Ce sont
des poissons difficiles à embarquer à la main.
Jean-Marc les gaffe systématiquement et coupe le bas
de ligne lié à l’hameçon.
L’importance de certains prélèvements
menés à un stade industriel irraisonné,
au filet pélagique notamment, a sérieusement
mis à mal les stocks. Les exemples de plusieurs dizaines
de tonnes de bars femelles invendus au printemps sont significatifs.
L’exploitation systématique des frayères,
en pleine période de reproduction a conduit le bar,
comme tant d’autres espèces hélas, à
servir de matière première à l’alimentation
animale.
Il y a une vingtaine d’années, au mois de décembre,
Jean-Marc et son père ramenaient quotidiennement 100
à 150 kilos de poisson, d’une moyenne de 5 à
7 kilos la pièce. Leur plus grosse prise a d’ailleurs
atteint le poids exceptionnel de 10,800 kilos.
Du mois de mars au mois d’octobre, Jean-Marc pêche
la bar à la palangre dans l’archipel des Glénan.
En cette saison de retour de frai, le poisson vit dans des
profondeurs de 20 à 30 m, sur des plateaux sablo-vasards,
aux abords d’éboulis de rochers ou d’accidents
du fond . La saison du bar s’achève à
la fin du mois de juin, pour reprendre début décembre,
à l’époque des grandes houles d’ouest
et de sud-ouest. A la faveur du mauvais temps le bar se rapproche
alors de la côte pour reconstituer ses réserves
graisseuses avant la reproduction. Puis il regagne le large
en janvier et février pour une nouvelle période
de frai.
Les captures des 2 dernières palangres révèlent
la présence de bars de belle taille et de nombreuses
raies.
La dernière palangre relevée, l’Amzer
de goll met le cap sur Loctudy.
Loctudy est un port de pêche hauturière et côtière
dont la réputation s'est affirmée autour de
la langoustine, aussi appelée " Demoiselle de
Loctudy ", un fleuron de la gastronomie bretonne.
Suivant l’état de la mer, la réserve
de lançons ou la pêche, il est entre 13 heures
et 16 heures quand il regagne le port.
Après avoir coupé son Diesel, rangé
tout son matériel et nettoyé le pont, Jean-Marc
conditionne sa pêche à la criée où
elle est rangée au frais en attente de la vente du
soir.
Nous nous retrouvons dans les cuisines du restaurant de Lodonnec
ou le chef nous prépare la recette du bar grillé
au basilic.
Voilà, c’est pas un poisson de débutant.
On l’a écaillé, après on l’a
vidé : le poisson est propre.
Je commence toujours par découper la tête. Il
faut compter environ 1.2 kg, 1.4 kg par personne.
Il faut arranger les arrêtes.
Ici, dans le filet il faut faire très attention car
il y a des arrêtes. Elles font très mal quand
elles rentrent dans la peau.
On a déjà nos deux filets. Il ne faut surtout
pas jeter les arrêtes à la poubelle .On va les
concasser grossièrement pour les faire dégorger
dans l’eau froide : elles vont nous servir à
faire la sauce.
…Il reste encore de petites arrêtes, on va les
lever. On les retire une par une car ces arrêtes sont
coriaces. Ce ne sont pas des arrêtes de sardines.
On le partage. On lui fait des incisions, comme ça,
juste entamer la peau.
SI on le laisse en entier, il va se rétracter à
la chaleur, il va bomber. Ca va lui donner une jolie forme,
en quadrillage.
Le poisson est pratiquement prêt à cuire.
Je le met à mariner dans de l’huile d’olive.
Je le poivre, je le sale légèrement.
Une petite marmite.
Huile et beurre ( on pourrais ne mettre que du beurre) . il
faut de la matière grasse pour faire suer.
Les ingrédients : un oignon plus deux échalotes.
Il ne faut surtout pas faire roussir les légumes, uniquement
les faire suer.
Je rajoute les échalotes, oignons, carottes en dès.
Je rajoute également la têtes et les arrêtes
du bar. Ca donne un bon fumet le Bar, comme la sole et le
turbo. C’est un poisson noble qui a bon goût.
On laisse suer 2 à 3 minutes en baissant le feu. Mouiller
au vin blanc, une demi bouteille pour un petit Bar de 1 kg,
1.5 kg suffit largement.
Plus le vin sera bon, meilleur sera la sauce !
Il ne faut pas rajouter trop d’eau, suffisamment pour
que ça baigne.
Je rajoute un bouquet garni : persil, thym, poireau.
On amène à ébullition et on laisse cuire
20 mn. Cela ne sert à rien de le cuire plus.
4 ou 5 feuilles de basilic suffisent largement… Tout
est prêt. On met seulement une tête d’ail
pour parfumer un peu. Il ne faut pas en mettre beaucoup.
Au bout de 20 minutes on considère qu’il est
cuit.
On le passe, on le met à réduire jusqu’à
glace c’est à dire qu’on obtienne une forme
de sirop. On en récupère un peu… c’est
parfumé !
IL ne faut pas le consommer comme ça.
On va pouvoir rajouter les ingrédients à la
sauce :
On va crémer le fumet. Quand on rajoute la crème
dans le fumet, la sauce est pratiquement prête. On rajoute
une petite gousse d’ail, on laisse infuser le basilic,
on laisse mijoter 2 à 3 minutes.
Il suffit d’allumer le four traditionnel position Grill
et de mettre une grille dans un récipient en fer.
Il faut surtout éviter que le Bar soit au contact de
l’huile d’Olive.
Maintenant on le cuit 5 à 6 minutes.
Ensuite on retire l’ail que l’on a fait infuser
dans la sauce. On vérifie la cuisson du bar.
Bar grillé au basilic.
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