vidéo film
et image sur la Bretagne. Balade voyage touristique et historique
en Bretagne
extrait
du film sur videos.fr
Plus que tout autre chose la Bretagne est terre de l'imaginaire.
Pour en pénétrer les charmes et plus encore
les secrets, les mystères, il est nécessaire
de la voir, de l'entendre, de la sentir par delà les
apparences.
Alors se fera jour
cet univers qui , des premiers phéniciens qui l'habitèrent
jusqu'aux Celtes puis aux chrétiens, manifeste une
réalité à l'unité puissante, une
âme à la profondeur intemporelle.
LA BRETAGNE ( commentaire du film )
Pourrait-il avoir une image plus éloquente pour évoquer
la Bretagne qu'une croix de granit se dressant en face de
la mer, comme pour la bénir ou pour l'exorciser ? ..
D''un côté ce sont les ports où les bateaux
de pêche s'agglutinent pour décharger leurs poissons...
De l'autre, récifs ou les soirs de tempête, la
mer vient hurler de la voix de ceux qu'elle a noyés,
au Raz de Sein ou aux Antipodes et qui profitent de sa colère
pour venir revoir le pays.
La croix, elle est bien plus ici que symbole d'un culte, la
force d'une foi qui, dans la nuit des temps, élevait
déjà des menhirs de granit.
Venant selon les uns de la péninsule ibérique,
selon les autres de Phénicie, un peuple de marins avait
fait de ces côtes une escale sur la route de la Cornouaille,
avant de s'y fixer parmi une population éparse dont
nous ne saurons jamais rien.
Ce fut lui qui, 4000 ans avant notre ère, dressa LES
ALIGNEMENTS DE CARNAC, dont jusqu'à la fin des temps,
nous essayerons de comprendre le mystère.
Ce peuple croyait déjà à la survie de
l'âme et la mort devait tenir dans ses croyances une
place, puisqu'il éleva aussi LES DOLMENS pour en faire
des sépultures collectives.
Au début du premier millénaire avant Jésus-Christ,
les Celtes venus du cœur de l'Europe s'installèrent
à leur tour en Bretagne.
Les dolmens devinrent pour eux des lieux de culte et leurs
dieux se mêlèrent aux esprits du peuple des mégalithes
dont certains, comme L'ANKOU, devaient subsister jusqu'à
nos jours et trouver leur place dans la décoration
des monuments chrétiens.
Il n'était pas la mort, malgré sa représentation
sous la forme d'un squelette, mais l'esprit qui rôde
aux environs des plans d'eaux et dans la brume, pour emmener
les vivants dans l'enfer froid de l'oubli.
Cette civilisation particulière devait mal résister
à l'influence romaine, puis aux invasions barbares,
et elle aurait totalement disparu si un revirement de l'histoire
n'était venu la réveiller.
Comme ils s'étaient installés en Gaule, les
Celtes s'étaient aussi installés en Grande-Bretagne.
Sous la pression des Angles et des Saxons qui s'emparaient
progressivement du pays, certains d'entre eux commencèrent
à émigrer vers la péninsule armoricaine
à laquelle ils donnèrent le nom de Bretagne
par analogie au pays, que de l'autre côté de
la mer ils avaient créé.
Les Celtes de Grande-Bretagne avaient mieux résisté
à l'influence romaine et si dès le 3éme
siècle , ils s'étaient convertis au Christianisme,
c'était beaucoup plus en le mêlant à leurs
anciennes croyances qu'en les abandonnant.
Leurs dieux étaient devenus des Saints, leurs clans,
des paroisses, et leurs prêtres, comme auparavant les
druides, étaient tout à la fois des chefs temporels
et spirituels. C'étaient sous l'autorité de
ces prêtres que les Celtes arrivaient de Grande Bretagne
. Ils devaient devenir les Saints Fondateurs de la Bretagne
, et la foule des touristes qui se pressent pour admirer les
remparts de SAINT-MALO, ne devrait pas ignorer que la ville
doit son son à Saint Malo, un des Saints fondateurs
venus du pays de Galles.
Il en est de même pour SAiNT-POL-DE-LËON qui nous
offre une des plus belles cathédrales de Bretagne et
LE KRISKER, il est avec ses 77 mètres, un des plus
beaux clochers de France.
De même pour QU!MPER qui, créé par Saint
Corentin, fut la capitale du légendaire roi d'Is, GRADLON,
dont on a plaçé la statut entre les tours de
la cathédrale.
TRËGUIER pour sa part fut créée au 4ème
siècle par Saint Tugdual dont l'admirable cathédrale
a pris le nom.
Quant à Vannes qui garde le souvenir de Saint Paterne,
elle avait été la capitale des Venètes,
avant de devenir au 9ème siècle, avec Nominoë
, premier duc de Bretagne, la première capitale de
la péninsule.
C'était en paroisses que les Celtes de Grande-Bretagne
étaient venus s'installer en Armorique et l'illustration
la plus parfaite de ce que représente pour les Bretons
la Paroisse, est sans nul doute LES ENCLOS PAROISSIAUX.
Malgré des sites grandioses et superbes, ils sont une
des grandes curiosités de la Bretagne. A l'intérieur
d'un cercle de pierres dressées, dont on ne sait pas
très bien s'il définissait le territoire sacré
ou s'il formait une enceinte magique hérité
des anciennes civilisations, on trouve les monuments qui font
l'âme la Bretagne.
Ce sont d'abord LES CALVAIRES auxquels ont donné naissance
les menhirs que les premiers croyants christianisèrent
en y sculptant l'image d'une croix. Le Bretagne en compte
plus de 1500.
Les uns ne sont que des croix à l'image du Christ,
avec quelquefois au revers, l'image de la Vierge.
D'autres, à croisillons, entourent le Christ de Saints,
de cavaliers, ou des deux larrons qui furent crucifiés
avec Jésus. D'autres enfin sont d'authentiques monuments
de l'art populaire... où les hommes ont sculpté
dans le granit jusqu'à deux cents personnages racontant
la vie du Christ.
Le plus ancien de ces grands calvaires est celui de TRONOËN
élevé en 1450. L'air de la mer qui se trouve
à deux pas, n'a encore réussi à ronger
ses personnages.
Le plus important est celui de PLEYBEN élevé
en 1555.
Mais le plus accompli de tous est sans conteste celui de GUIMILLIAU.
Elevé de 1581 à 1588 , il est, par la finesse
de ses personnages, un authentique chef-d'oeuvre de l'art
breton.
Véritables bandes dessinées de granit, LES GRANDS
CALVAIRES bretons étaient élevés pour
l'éducation et l'édification des fidèles.
Le prêtre en commentait les scènes et ceux qui
les érigèrent, n'hésitèrent pas
à s'y introduire des personnages comme L'ANKOU qui
ne doit pourtant rien aux croyances chrétiennes.
A côté des calvaires se dressent LES OSSUAIRES.
Les plus somptueux, comme celui de SAINT-THEGONNEC, ont été
transformés en des salles d'exposition, mais certains
plus modestes, ont conservé leur destination première
et laissent encore apercevoir un amoncellement d'ossements.
Hérités des anciens dolmens où étaient
regroupés les restes de tous les membres du clan, ils
sont les monuments les plus significatifs de ce qu'étaient
la paroisse... Une communauté dépassant le cadre
de la vie et unissant ceux qui vivaient à ceux qui
étaient mort et à ceux qui viendraient.
Une communauté qui ne devait former qu'un corps, puisque
les ossements de chacun se mêleraient à ceux
des autres lorsqu'ils seraient morts.
C'était aussi pour rappeler aux vivants qu'un jour
ils mourraient que les ossuaires étaient placés
au cœur du village.
Cette pensée héritée des anciens Celtes
est d'ailleurs toujours présente en Bretagne. On la
retrouve dans les Danses Macabres qui mêlent dans une
même ronde les vivants et morts... ... Et, si on a l
'habitude de laisser à la vue de tous, dans un coin
de l'église, LE CATAFALQUE qui doit servir au prochain
mort, c'est bien pour rappeler à celui qui entre, qu'il
pourrait bien être celui-là.
L'église ne pouvait pas être située ailleurs
que dans cet enclos sacré et cela non seulement parce
qu'elle est le lieu du Culte, mais parce qu'au delà
de lui, elle était la pièce maîtresse
la vie de la Communauté.
C'était sous son porche, en effet, que se réunissaient,
pour délibérer, les responsables de la paroisse
et il aurait été impensable qu'une décision
engageant la vie de la communauté, ait pu être
prise ailleurs qu'à l'intérieur du territoire
sacré où se faisait, hors du temps, l'union
des morts et vivants. L'accès à un lieu aussi
privilégié ne pouvait être donné
que par une porte de circonstance, véritable ARC DE
TRIOMPHE, placé là pour que l'arrivant se rendre
bien compte qu'il sortait de la vie de tous les jours, pour
entrer dans un lieu qui échappait aux mesquineries
de la terre.
Bien sûr la Bretagne nous offre de bien beaux paysages...
SES PLAGES comptent parmi les plus belles d'Europe... Ses
stations balnéaires comme PERROS-GUIREC ou LA BAULE
nous offrent des promesses de séjours enchantés..
Et pourtant la Bretagne, c'est beaucoup plus encore, pour
celui qui vient la découvrir dans l'éclairage
de ses mythes et de ses légendes .
Les jours où la brume s'effiloche autour de lui, LE
CAP FREHEL, avec ses somptueuses falaises de schiste et de
porphyre ouvrant sur un panorama grandiose, cesse de n'être
qu'une merveille de la nature pour devenir un monde étrange
qui n'appartient déjà plus à la terre
et pas encore au ciel. Un monde dans lequel on sent rôder
l'Ankou à recherche d'âmes à entraîner
vers l'au-delà.
Les eaux, qui à l'heure de la marée, remontent
lentement vers l'intérieur des terres, deviennent encore
plus fascinantes si l'on se souvient que les anciens Celtes
en faisaient des lieux où les âmes cherchaient
leur route.
Le site fabuleux de LA POINTE DU RAZ où l'extrémité
de la terre essaye de refuser de sombrer dans les flots, nous
parait encore plus grandiose, lorsque l'on sait que les anciens
Celtes faisaient des îles, le domaine des dieux,
L'ILE DE SEIN, était la plus prestigieuse de toutes...
Ceux qui s'y faisaient inhumer étaient presque déjà
au ciel. Et les rochers de LA POINTE DU RAZ, qui vont vers
elle, prennent l'allure d'une lutte désespérée
de la terre pour atteindre l'au-delà
Les rochers de la Pointe du Raz ne sont que des rochers assaillis
par la mer... Mais les anciens Celtes ne croyaient-ils en
un univers fluctuant où rien n'était tout à
fait ce qu'il paraissait être ?
Celui qui essaye de comprendre la Bretagne au delà
de ses apparences, la trouvera plus attachante que ses plages,
que ses forêts... plus attachante que ses Abers, plus
attachante que ses monuments, parce qu'elle est, à
cause de son âme. un des derniers coins du monde encore
empreint des croyances que les hommes portent en eux depuis
la nuit des temps, et qui ont servi de base à toutes
les civilisations.
Entourés à plus des trois-quarts par mer et
vivants depuis toujours au rythme des marées, comment
les Bretons auraient ils pu ne pas se tourner vers elle pour
subsister et s'affirmer ?
Leurs lointains ancêtres venus de Phénicie ou
de la péninsule Ibérique, savaient déjà
affronter les tempêtes, et partir vers l'immensité
des vagues ne pouvait être, pour les descendants des
anciens Celtes, qu'une façon de marcher, eux aussi,
vers l'infini où le soleil se couche.
C'est d'ailleurs un peu l'impression d'attendre le départ
vers cet infini que nous donnent les petites barques qui,
couchées face au large, aux heures de la marée
basse, attendent un peu partout que l'eau monte pour reprendre
la mer.
Bien sûr, elles n'iront pas plus loin que les premiers
bancs de poissons ou de crustacés, mais lorsqu'elles
reviendront pour décharger leurs richesses, elles auront
tout de même l'impression d'avoir échappé
un temps, à la vie des autres, et se gonfleront de
satisfaction.
A CONCARNEAU ou à DOUARNENEZ, ce sont les chalutiers
de la pêche hauturière qui attendent amarrés
à leurs quais, le moment de partir pour le Golfe de
Gascogne, l'Irlande ou bien l'Islande. Ils savent que la mer
ne sera pas tendre pour eux, qu'ils auront à lutter
avec la tempête, mais ils attendent , sûrs d'eux,
le moment de l'affronter.
A SAINT-MALO, ce sont les chalutiers de grande pêche,
ceux qui sont plus habitués aux mers déchaînées
deTerre-Neuve ou du Groenland qu'à l'abri d'une rade,
et qui, malgré leur fière allure, ne partent
jamais sans un serrement cœur.
C'est que la mer de tout temps, a fait payer son tribu à
ceux qui la défient et les murs de disparues en mer
que l'on peut voir dans bien des cimetières de Bretagne
, sont là pour le rappeler.
Les marins ne sont pas les seuls à avoir payé
leur tribu à la mer. La ville d' Is toute entière,
disparut dans les flots vers l'an 440, probablement à
l'occasion d'un des nombreux effondrements du rivage qui du
5ème au 7ème siècle, modelèrent
la côte bretonne pour lui donner son aspect actuel.
Il est presque généralement admis qu'elle se
trouvait dans LA BAIE DE DOUARNENEZ. Si cela est exact, la
ville qui bruisse toute l'année de l'activité
du port occuperait un haut lieu de légende.
On pense, en effet, que ce serait aussi sur ses hauteurs que
s'élevait le palais du roi MARC'H de Cornouaille dont
les murs ont vu se dérouler le drame de TRISTANT et
ISEULT.
Mais la mer, si elle tue, sait aussi rembourser ce qu'elle
fait payer.
Elle a donné à la Bretagne des îles enchantées
où, comme si, l'on savait qu'elles étaient autrefois
le domaine des dieux, on vient chercher le dépaysement
que l'on attend d'un paradis.
Elle a donné des plages où l'on parvient à
oublier que les châteaux de sable ne durent qu'un moment...
Et une profusion de crustacés, de poissons et de coquillages
dont on garde le souvenir jusqu'aux prochaines vacances.
Et puis, il a L
ES PHARES... Les phares, qui debout dans le ciel, fascineront
toujours les hommes, peut être parce qu'ils guident
ceux qui viennent d'ailleurs et que, bien assis sur leur rocher,
ils donnent une impression de sécurité.
Sans la mer, pourrions-nous avoir le somptueux spectacle des
voiles multicolores glissant majestueusement sur les eaux
calmes du Golfe du Morbihan ?
Elle a su se rendre tellement indispensable que lorsqu'elle
se retire à la marée basse, les petits ports
et les estuaires nous paraissent en deuil.
Elle ne s'en va pourtant que pour nous offrir un spectacle
insolite et nous donner accès aux repaires secrets
des crabes et des coquillages.
Sans la mer, aurions-nous LES ABERS qui la laissent pénétrer
dans les terres, comme pour mieux l'imprégner de sa
présence ou la conquérir ?
Aurions-nous le spectacle des rives de L'ODET ou celles de
la Rance ?
Aurions-nous SAINT-MALO qui lui doit sa richesse ?...
Peu de villes au monde ont droit autant que SAINT-MALO à
la reconnaissance des hommes.
Ses remparts ont vu naitre JACQUES CARTIER, qui devait découvrir
le Saint-Laurent. LAMENNAIS, qui devait orienter la pensée
de son temps... BROUSSAIS qui allait révolutionner
la médecine.. DE LA BOURDONNAIS; GOURNAY...
Et René De CHÂTEAUBRIAND s'est amusé sur
ses plages à la marée basse, avant d'aller sur
l'île du Grand Bé.
Mais SAINT-MALO, c'est aussi la ville des corsaires, de DUGUAY
TROUIN et c'est leur souvenir que l'on vient retrouver sur
les remparts de la Ville Close, où LA TOUR QUIC-EN-GROGNE
rappelle le temps d'ANNE DE BRETAGNE qui la fit élever
pour impressionner les Malouins, toujours un peu frondeurs
au cours de leur histoire.
Peut-on d'ailleurs l'oublier le passé en Bretagne ?
A DINAN, garde le souvenir de BERTRAND DU GUESCLIN, on se
croit revenu au 15ème siècle, en parcourant
la rue Jersual ou la place des Merciers.
Et sur la place de LOCRONAN qui n'a pas changé depuis
la Renaissance, on ne peut qu'admirer la résistance
du granit au temps et aux dépravations des hommes.
C'est d'ailleurs au granit que la Bretagne doit une grande
part de son caractère...
La difficulté de le travailler en interdisant aux Bretons
de placer aussi haut qu'ailleurs les voûtes de leurs
églises, leur a donné un caractère particulier...
Ils n'ont pas pu non plus, les décorer autant qu'ils
l'auraient souhaité, mais cela n'empêche certaines
cathédrales d'être des chef-d'œuvres de
pierre... et de petites chapelles comme celle de KERNASCLEDEN,
des dentelles de granit..
Les hommes impressionnés par le travail que cette chapelle
allèrent jusqu'à prétendre que les anges
avaient aidé à sa construction. Il vaut mieux
que cela ne soit pas vrai, car ce petit édifice nous
montre mieux que les mots, combien il fallait qu'un peuple
simple soit habité par foi, pour réaliser de
tels chef-d'œuvres.
Les châteaux, eux aussi à cause du granit, se
sont faits en Bretagne, plus sobres... Mais combien derrière
leurs épaisses murailles, on devait se sentir à
l'abri de l'Ankou, à l'heure où la brume envahissait
les environs.
Il n'y a que le château de JOSSELIN, appartenant à
la prestigieuse famille des ROHAN, qui échappe un peu
à cette règle... Dominant L'OUST de ses tours
imposantes, il est là, comme un défi à
ce qui est difficile... Le défi que les Rohan n'hésitèrent
jamais à jeter aux puissants...
Et c'est un autre défi qu'ils lancèrent au granit
avec la façade intérieure, ciselée comme
aucune autre en Bretagne.
Contraints de n'élever que des églises basses,
les Bretons, peut être parce qu'ils avaient peur que
le ciel ne les voit pas, leur donnèrent chaque fois
qu'ils le purent, des clochers impressionnants qui sont un
des charmes de la péninsule.
Chacun en était fier, dans les temps d'autrefois, car
le clocher pour un breton, était tout à la fois,
le symbole de sa foi et celui de la vie communale, puisqu'il
servait aussi de beffroi.
Pour nous, dressés bien haut au-dessus de la campagne,
ils ont l'air de phares placés là, pour que
les hommes ne puissent pas se perdre sur la route du ciel.
Le ciel !... Toujours le ciel !... Il joue le premier rôle
en Bretagne,peut-être parce qu'un peuple pauvre, ne
pouvait attendre que de lui d'avoir un peu de bonheur.
C'est lui, qui tout au long de l'année, fait organiser
les pardons dont certains remontent à plus d'un millénaire.
Et qui dans cette Bretagne, où malgré les apparences,
peu de choses ont véritablement changé, rappellent
le souvenir des fêtes païennes d'autrefois.
Les fontaines sacrées
que l'on rencontre un peu partout elles aussi, remontent aux
temps d'avant le Christianisme, même si depuis, elles
ont pris des noms de Saints.
Elles faisaient partie de la grande tradition celte, où
les druides maîtres de l'eau et du feu, pouvaient donner
certains pouvoirs aux fontaines. Retirées dans un coin
ou tout près de l'église, elles restent une
preuve que les croyances d'autrefois ne disparaîtrons
jamais tout à fait.
LE MONT SAINT-MICHEL lui-même est un témoignage
de cette survivance du passé et c'est la raison pour
laquelle, bien que rattaché administrativement à
la Normandie, il continue d'appartenir à la Bretagne.
Avant qu'au 7ème siècle, un raz de marée
gigantesque l'isole dans son golfe, il s'élevait au
milieu des forêts et les Celtes pour lesquels, sous
le nom de MONT TOMBÉ, il était un lieu saint,
y avaient installé un collège de druidesses.
En ordonnant au 8ème siècle qu'on y élève
une chapelle dédiée à SAINT MICHEL, Saint
AUBERT, évêque d'Avranches, ne faisait que le
christianiser. Il devait devenir LA MERVEIL.LE DE L'OCCIDENT
et peut être parce que les Celtes l'avait imprégnée
de divin, un des hauts-lieux de la Chrétienté.
C'est encore l'inévitable souvenir des Celtes que nous
retrouvons dans les forêts de Bretagne, mais aussi le
souvenir des contes qui ont bercé notre enfance.
Dans LA FORËT D'HUELGOAT, dont le lac est un paradis
pour les pêcheurs de carpes, de perches et de truites,
les roches de granit détachées du sol par l'érosion
du temps et des éléments ont cessé de
n'être que des roches, pour devenir des légendes.
Le Diable y a sa grotte... LE GOUFFRE DE DAHUS y garde
le souvenir de la fille du roi d'Ys, qui parait-il, faisait
jeter les corps de ses amants... Et parce que les légendes
sont plus belles que la réalité, la double enceinte
d'un fort gaulois élevé sans doute au premier
siècle de notre ère, est devenu LE CAMP DU ROI
ARTHUR dont les Celtes attendaient qu'un jour, il se réveille
pour les mener à la victoire sur les Saxons.
C'est un lieu bien plus prestigieux encore que nous offre
la forêt de PAIMPONT, l'ancienne Brocéliande
des Chevaliers de la Table Ronde.
Le château DE TRECESSON nous accueille au milieu des
eaux de son étang qui semblent le faire surgir d'un
autre temps...
Et si la forêt n'est plus ce qu'elle devait être
autrefois, elle n'en reste pas moins étrangement prenante
avec ses espaces dénudés, ses sous bois et ses
étangs.
On y est entouré de magie lorsque traîne un peu
de brume et pour un peu, on s'attendrait à voir LA
FÉE VIVIANE ou L'ENCHANTEUR MERLIN.
C'est ici, près de LA FONTAINE DE BARENTON qu'ils se
sont rencontrés... Ici peut-être, que sous un
dolmen, MERLIN repose d'un sommeil dont nul ne peut le tirer...
AU VAL SANS RETOUR, MORGANE, la sœur du roi Arthur, retenait
prisonniers, les Chevaliers traîtres à leur Dame
et c'est peut-être sous les eaux de l'étang qui
bordent LE CHATEAU DE COOPER, où naquit Viviane, que
Lancelot du Lac fut élevé,
Étrange Bretagne, qui dans un monde bousculé
par sa métamorphose vient nous parler de rêves
d'enfants, de grandeur et de pureté...
SES CROIX DE GRANIT, dressées dans un ciel que nettoie
le vent du large, nous disent que la terre, ne peut pas être
que la terre... Et LA MER, au delà de ses marées
et de ses vagues, nous parle d'un infini vers lequel les hommes
ne cesseront de marcher que lorsque le soleil cessera de s'y
coucher.
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