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DVD coiffes et costumes de Bretagne. image film, balade et
voyage touristique en Bretagne
extrait
du film sur videos.fr
Il n'y a pas un
costume breton mais des costumes bretons. "cent pays...
cent guises" dit le proverbe. Et l'on ne peut qu'être
fasciné par la variété incroyable que
nous offre à ce titre la Basse-Bretagne !
Chaque pays exprime,
par le costume de ses habitants, sa personnalité voire
ses opinions. Portés jusqu'en 1940, les costumes bretons
demeurent l'image la plus vivante et la plus symbolique de
ce pays.
Commentaires du film
L'historien dispose en fait de fort peu de documents relatifs
aux costumes bretons antérieurs à la Révolution
française. Cependant à partir de certains éléments
hors archivés, comme par exemple la statuaire des églises
et calvaires, il est possible de pénétrer plus
avant dans cette connaissance. Ainsi le statut de Saint Isidore,
patron des laboureurs et des fermiers permet de se faire une
idée des costumes bretons de l'époque avec leurs
guêtres, leurs culottes et Justaucorps. Au demeurant,
ici comme partout ailleurs en France, les paysans étaient
fétus sensiblement de la même manière.
le Il faut se souvenir que les lois somptuaires qui restreignaient
luxe et la dépense, réservaient aux seuls nobles
et bourgeois l'utilisation des étoffes riches et rares
et des ornements précieux. Quant aux gens du peuple
il leur fallait se contenter des tissus grossiers comme berlingue,
droguet, pilot, tiretaine ou toile, le plus communément
produits par l'artisanat local.
De là l'unité des vêtements dans la paysannerie,
de là cette infirmité n'ont en toute fin un
uniforme qui se composait chez les hommes d'un chapeau à
cuve ou bonnet de laine, d'une veste et de grandes culottes
assorties de guêtres ou gamaches et des sabots.
Chez les femmes, on retrouvait généralement
le capot ou coiffure emboîtant sur un bonnet à
3 quartiers, la chemise, le corselet et la Jupe de gros drap
sur un ou plusieurs jupons.
C'est à partir de ces éléments de base
que naîtra dès la fin du XVIIIe siècle,
l'ensemble des innombrables costumes bretons.
Par ailleurs, l'isolement géographique de la Bretagne,
renforcé au Sud par la barrière de la langue,
contribuera à la préservation d'une tradition
vestimentaire ainsi épargnée par les changements
que devaient connaître en ce domaine le reste du pays.
De là cette silhouette en apparence discrète
que conservera longtemps encore le costume breton. Sans compter
que la suppression des lois somptuaires à la suite
de la révolution, n'entraîna guère de
changements véritables dans la mesure ou en Bretagne
comme dans l'ensemble de l'ouest de la France, la Révolution
s'en était pris à l'église, la paysannerie
se montre pour la moins méfiante à l'égard
des changements, fussent-ils de mode. Aussi les Chouans de
Bretagne conservaient-ils leurs larges braies en signe de
défi à l'ordre nouveau républicain et
ses ''sans culottes.
Sans compter que les gens découvrant en les lois somptuaires
l'idée du vêtement comme symbole du rang social,
n'eurent de cesse de recréer par des costumes distincts
les classes abolies. Ce sera le point de départ de
la multiplication des modes paysannes, leurs étonnantes
floraisons de siècles derniers, dont on le voit les
tiennent autant de économie et du social que de la
psychologique la plus intime.
L’évolution technique entraînant une amélioration
de la condition paysanne, la montée en puissance de
la bourgeoisie commerçante, multipliant dans les campagnes
colporteurs et ambulants, donnèrent alors le goût
des ornements à présent permis à tous.
Les nouveaux métiers à tisser de jacquard permirent
la création de nouveaux tissus, plus riches et plus
aisés à broder.
De même les dentelles mécaniques mirent alors
à la portée de tous les ornements des vêtements
féminins autrefois réservés aux élégantes
de la bourgeoisie.
Parallèlement, l'arrivée du chemin de fer ouvrait
la Bretagne au monde extérieur, quand, dans le même
temps, les guerres et les conquêtes coloniales faisaient
découvrir aux Jeunes bretons le spectacle d'autres
civilisations. En rentrant chez eux, parés de leur
plus bel uniforme, ils rapportaient à leurs fiancées
objets mais surtout tissus de ces pays lointains, nankin,
cachemire, damas et autres siamoises.
A cela ajoutons l'influence des premiers Journaux de modes
se répandant de plus en plus largement et offrant les
images d'une mode parisienne pénétrant peu à
peu les provinces avant que celles-ci n'affirment finalement
leurs spécificités.
Le Pays Bigouden
Nous commencerons ce voyage à travers les costumes
de Basse Bretagne par le Pays Bigouden marqué de traditions
fortes.
Lorsque l'on évoque le Pays Bigouden une image vient
inévitablement à la pensée, celle de
la haute coiffe de dentelle portée par les femmes.
Cette parure étonnamment haute est cependant fort récente
dans sa forme actuelle. En effet au début de ce siècle
la coiffe bigoudène ne mesurait guère plus d'une
dizaine de cm alors qu'aujourd'hui sa taille moyenne est de
35 cm.
L'un des traits remarquable du costume est la broderie dont
les motifs d'ornementation sont uniques.
Chacun de ces motifs porte un nom : Cornou, Plume Paon,
d’en lesten, chacun caractérisé par sa
forme propre. Dans leur version moderne les couleurs prédominantes
en sont le jaune et l'orangé.
On notera par ailleurs une constante, le port de la chaînette
symbolisant la ligne de vie.
En ce qui concerne les hommes on retrouve le même type
de broderie. Le fameux chapeau bigouden dit chapeau aux 3
velours est rond, il faut savoir en effet que cette forme
est exceptionnelle et n'existe qu'en Pays Bigouden où
en 2 ou 3 autres lieux des Montagnes ou du Pays vannetais.
Signalons cependant 2 exceptions où l'on ne porte pas
chez les femmes la haute coiffe de dentelle traditionnelle.
A l'île Tudy, la coiffe peut être rapprochée
de celle de Douarnenez et Concarneau, tandis qu'à Kérity
Penmarch on trouve une coiffe d'artisane très travaillée,
le plus souvent brodée sur filet avec lacets ramassés
sur la tête.
Le Pays de Quimper
La coiffe de Quimper est appelée « Borleden »
Jusqu'au début du siècle, elle se constituait
d'une pièce de dentelle brodée à l'anglaise
très couvrante.
Au fur et à mesure elle deviendra ce filet brodé
posé sur la tête libérant ainsi partiellement
la chevelure. Une évolution caractérisée
là encore par l'élévation de la coiffe
passant de 2 à 3 cm au début du siècle
jusqu'à 15 cm aujourd'hui.
En ce qui concerne le costume, la femme du pays de Quimper
le porte brodé, brodé et perlé ou entièrement
perlé, les motifs floraux y sont prédominants,
la richesse dans l'ornementation était fonction du
rang social d'où le poids considérable de certains
de ces costumes.
En outre les grands tabliers blanc crème sont en général
l'apanage de la mariée ou le fait de la participation
à une grande cérémonie tel un pardon
par exemple, autrement les costumes restent plus sobres principalement
les noirs lorsque l'on avance dans l'année. Il est
néanmoins remarquable de constater que les costumes
reprennent des couleurs vives tel le rouge, le bleu, le vert
que l'on utilisait au milieu du siècle dernier dans
l'ensemble de la Basse Bretagne et qui avaient été
remplacées progressivement par les teintes sombres.
L'homme du pays de Quimper se nomme le "glazik"
en français le "petit bleu" du nom de la
couleur de drap qui constitue le fond de son costume. Ce drap
acheté au stock des armées napoléoniennes
aurait servi à la confection des habits. Les broderies
toujours à l'image du rang social de l'individu utilisaient
des tons allant, du rouge au bleu en passant par les verts
et les jaunes.
Le chapeau glazik est différent de celui du pays bigouden,
ses bords sont plus larges et le rond de coiffe est constitué
d'une large bande de velours pouvant atteindre 12 cm et pendant
dans le dos en 2 rubans appelés "guides"
maintenus grâce à une boucle d'argent ou de vermeil
ciselée.
Pays de l’Aven
3ème région caractéristique, ce pays
appelé pays de l'Aven et dont Rosporden, Bannalec et
Quimperlé sont, les villes principales, se singularise
par ces grandes coiffes à ailes et larges cols avec
notamment les longs bandeaux ramassés sur le dessus.
La manière d'agencer ces bandeaux appelés aussi
mentonnières permet de situer le lieu d'origine
de la coiffe. Ainsi les 2 mentonnières relevées
sont la caractéristique de Pont-Aven, de Riec sur Belon
ou de Nevez.
A Pont Aven on porte le costume de Borg un drap noir richement
décoré de galons d'argent et de chenilles de
couleur appliquées sur le satin ou la soie.
Le col nécessite une préparation particulière
dont l'empesage à l'amidon de blé cuit ou de
riz cru à l'aide de paille que l'on introduit dans
chaque plis, 600 à 700 pailles étaient nécessaires
à l'opération qui pouvait durer 4 heures, on
comprendra que ce col n'était porté pour de
grandes occasions.
Le costume des hommes est plus sobre que celui du glazik ou
du bigouden, le dos est parfois orné d'un motif floral
ou du saint sacrement.
Le
Pays de Douarnenez.
Quittons le pays des grandes coiffes et des larges cols pour
rejoindre la côte de Douarnenez - Audierne ou l’on
va trouver la « Penn Sardine », l’actuelle
coiffe du pays de Douarnenez.
Au siècle dernier ce pays et celui de Quimper ne faisaient
qu'un dans le domaine de la mode vestimentaire.
C’est à l'aube du XXème siècle
avec la création des usines sardinière, qu’apparaît
la petite coiffe d'artisane appelée la « Penn
sardine ».
Cette Penn Sardine que l’on retrouve jusqu’à
Audierne voit ses limites aux environs de Beuzec Cap Sizun.
Au delà on porte la « Capenn ».
Si la forme de cette dernière est voisine de celle
de la Penn Sardine, elle s’en distingue, toutefois,
par les 2 bandeaux se ramassant sur l’arrière
d’une manière spécifique.
L’habit de L'ile de Sein, située à la
pointe du Cap Sizun, se veut être un habit de deuil
éternel. Ceci à la suite d’une épidémie
de peste et de choléra qui décima presque entièrement
la population de l’île , le costume de deuil devenant
alors presque coutumier.
Le Pays de Châteaulin.
Le costume du Pays de Châteaulin est appelé « Rouzig »,
traduction du français roux, à la couleur de
la ceinture et du gilet portés par les hommes à
une certaine époque.
Ce costume est agrémenté par un plastron dégagé
et brodé qui fait ressortir le blanc de la chemise.
La femme porte une coiffe à aile très discrète
en forme de 8 plus ou moins plat, suivant qu’on
se trouve dans le pays de Pleyben ou dans celui de Châteaulin.
La particularité du costume reste l’empiècement
sur le tablier prolongé par ce fameux croisé,
une pièce de velours qui couvre la poitrine de la femme,
celle-ci pouvant être richement ornée de plumes
de cygne ou de fleurs.
Le Pays De La Montagne
Aux environs de Carhaix et de Poullaouen, pays de poher, les
costumes des hommes sont plus sombres. Le noir y est la couleur
dominante.
La coiffe change d'aspect avec la disparition des barbes.
Un système de plis les ramènent à l'intérieur
et c'est le fond de coiffe appelé le « bonnet
du » qui a pris de l'importance. Des motifs floraux
entièrement peints à la main se retrouvent parfois
sur les draps de velours noirs.
On porte encore la grande cornette les jours de cérémonie
et l'on retrouve tout à fait le patron de la coiffe
qui a servi de modèle à toutes les coiffes bretonnes.
Le Pays de Châteauneuf du Faou
Au pays de Châteauneuf du Faou la coiffe est la même
que celle portée partout ailleurs dans la montagne
mais de taille plus petite et on lui a rajouté 2 grandes
ailes sur le devant et une troisième qui va venir agrémenter
le cou de la femme
Comme partout dans la montagne le velours domine, qu'il soit
brodé ou perlé,
Le Pays de Plougastel Daoulas
Le costume du pays de Plougastel Daoulas se caractérise,
tant chez les jeunes filles que chez les jeunes gens, par
un choix de couleurs très vives.
Il s’agit de la seule guise qui a su conserver les couleurs
utilisées au siècle dernier,
La coiffe est l’une des plus compliquée à
poser. Elle se compose d’un bonnet, de 2 ou 3 sous coiffes,
et enfin de la coiffe elle-même.
La jeune fille porte sur ses épaules un mouchoir de
coton a motif floral, tandis que celui de la femme est un
mouchoir à carreaux.
L’homme, quand à lui, abandonne le jour même
de ses noces le costume aux couleurs vives pour un habit bleu
marine qui, au fil des ans, ira en s’assombrissant.
L’évêché du Léon
Chez les hommes du Léon, le noir domine, laissant simplement
le blanc de la chemise ressortir du plastron.
A Brignonan et Plonéour Trez, le châle, élément
essentiel du costume, est un véritable chef d’œuvre.
Aux environs , la Penn Pocket est une coiffe de tulle ou de
gaze finement travaillée et brodée.
Au pays Pagam, sur la côte nord du Finistère,,
les costumes de goémoniers ont donné naissance
au fameux kabig
L’île d’Ouessant.
Ouessant est une île balayée par les vents, seule
région de Bretagne où les cheveux ne sont pas
ramassés par la coiffe.
On y ajoute parfois un nœud de couleur noire
Le Pays de St Paul de Léon
A St Paul de Léon, la coiffe qui accompagne le grand
châle est appelée la Chicoloden
Les bandeaux se sont considérablement allongés
et sont parfois noués sur la poitrine de la femme.
L’imposant châle de cachemire n’est sorti
que pour les grandes occasions
A l’île de Batz, au nord de St Paul de Léon,
on porte une coiffe de travail appelée Tog Héol,
(littéralement : chapeau de soleil)
Le Pays du Trégor
Franchie la rivière de Morlaix, nous entrons dans le
Trégor.
Morlaix où on porte la grande cornette de cérémonie
comme du côté de Carhaix mais dont l’agencement
est différent.
Du côté de Lannion, Tréguier, Paimpol,
Guingamp, on porte une coiffe immortalisée par les
chansons de Bothorel (en particulier la Paimpolaise) la fameuse
« Touken » avec ses 2 lipens, ses 2
bandes de filet brodées qui retombent sur les épaules.
On trouve également une coiffe d’artisane, une
pièce de coton ayant un pliage particulier lui donnant
une forme de queue de langouste,
Pontivy – Baud
L’actuelle « Korned » du pays
de Baud, appelée ainsi à cause des 2 petites
cornes mises en valeur par un plissé, est plus souvent
portée que la « raie », nom de
la coiffe d’avant guerre.
Le costume des hommes de Pontivy (les moutons blancs ),
d’une opposition entre le blanc et le noir, est garni
de quantité de boutons,
Le Pays Vannetais
Le Pays vannetais englobe une large partie du Morbihan. Les
anciennes coiffes étaient portées avec de longues
barbes tombant sur les épaules.
Ces barbes ont aujourd’hui disparu.
Les costumes sont agrémentés d’un tablier
porté le plus souvent sur des robes à manches
pourpres ornées d’une large bande de velours
sous le châle.
2ème partie
Au XIXème siècle, la publicité va s'intéresser
aux costumes régionaux en les utilisant comme thèmes
de présentation et de vente. Affiches touristiques,
produits manufacturés locaux et artisanaux vont se
servir des costumes bretons comme éléments de
réclame. On vend les produits de Bretagne grâce
à l'image de ses costumes variés et souvent
somptueux.
Dans un registre finalement proche, on peut noter que les
faïenceries de Quimper sauront tirer partie du fameux
modèle ''petit. breton'' aujourd'hui mondialement connu.
Ainsi noces et banquets, scènes familiales et champêtres
seront le prétexte à des représentations
d'hommes et de femmes en costumes multiples et colorés.
La période postérieure à la période
guerre mondiale, avec les bouleversements sociologiques rapides
qu'elle met en place, va voir 1a disparition des costumes
ainsi que des caractères spécifiques auxquels
ils étaient liés. Sans doute était-ce
la conséquence inévitable des changements radicaux
qu'entraînaient disparition même des communautés
originales dont ils étaient la marque.
Nous les redécouvrons aujourd'hui par les grandes fêtes
folkloriques. Reste pour que par delà la survie, ils
retrouvent leurs âmes véritables et toutes leurs
significations, par delà le simple folklore à
réhabiliter l'âme elle-même de la Bretagne,
afin que ces costumes du passé soient le témoignage
vivant d'une réalité présente.
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